Une météo à la belge

Profitons de l’élan pour enchaîner d’emblée avec la suite de notre périple en Turquie!

Les jours qui suivent notre départ d’Istanbul, le temps se gâte et nous reconnaissons les sombres nuages synonymes de pluies et d’orages. Nous étions loin de nous imaginer devoir renfiler nos tenues imperméables ici en Turquie, mais la présence de montagnes et l’influence maritime font que nous nous trouvons dans la région la plus pluvieuse du pays.

Nous jetons un coup aux prévisions météos, rien de très enthousiasmant, qu’à cela ne tienne, nous choisissons de suivre une des routes principales, pour éviter le gros du dénivelé de la côte.

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Des prévisions guère réjouissantes, surtout quand on apprend qu’il commence à faire beau en Belgique!

Fait cocasse, les arrêts aux stations-service rythment nos journées, d’une part pour s’abriter des averses parfois torrentielles, de l’autre pour profiter d’un bon Cay chaud qu’on ne manque jamais de nous proposer.

Lors d’une montée particulièrement pénible, sous la pluie  et à une heure assez avancée, Mustapha s’arrête en tracteur et nous fait comprendre qu’il nous invite à passer la nuit chez lui.

On aimerait bien vous faire croire qu’on voulait continuer à rouler jusqu’au bout, qu’on n’était pas prêt à « tricher » si facilement mais la vérité est tout autre; en un regard on as su qu’on en avait tous les deux marre et la perspective d’un endroit au chaud pour passer la nuit ne nous pas fait hésiter un instant.

Nous montons donc dans la voiture de son fils, Mohamed, et suivons le tracteur jusqu’au foyer familial. On a eu le loisir de partager un repas convivial en présence de toute la famille dans leur chaleureux salon (le poêle à bois tournant plein feu).

Les échanges ne sont pas toujours évidents, surtout que, en bonnes klets monoglottes, l’apprentissage du Turc s’avère assez fastidieux. Nous nous en sortons néanmoins toujours à grands renforts de « Türkiye güzel »  ou encore de « Iyi çay » à traduire par « Turquie beau » et « bon thé ». Nous laissons la grammaire de côté et sortons les sourires pour faciliter les discussions, jusqu’à présent on a l’impression de plutôt bien s’en tirer.

 

Deux jours plus tard, on a de nouveau un coup de chance monstrueux. On s’arrête dans un petit village pour demander un toit pour la nuit. Première maison à laquelle on demande, le monsieur nous sert rapidement un thé et appelle son voisin qui nous reçoit comme des princes. Après un repas en compagnie de ses fils gendarmes, ces derniers appellent un de leur proche en Belgique pour qu’il nous explique la suite du programme : « Après le repas vous serez emmenés en voiture jusqu’à un hôtel non loin, vous n’aurez rien à payer et vous pouvez leur faire confiance. Des questions? » -« Non, non, rien à redire! »

Petit hic, l’hôtel était à 15 kilomètres en arrière, mais il aurait été dommage de broncher pour si peu. Une bonne douche, après une semaine de mauvais temps, n’a jamais paru aussi agréable.

 

Par la suite nous rencontrons de cyclo venant de Thaïlande et en route vers l’Espagne. Le courant passe directement bien et nous décidons d’établir un campement ensemble pour la nuit.

Comble du hasard, nous croisons le lendemain au matin, lorsque nous retournons sur la route, un autre cyclo allant dans notre direction. André, infirmier de 45 ans, grand habitué des voyages à vélo, s’est donné pour objectif d’atteindre Dubaï au terme de ses deux mois et demi de vacances. Malgré une différence de rythme significative (lui roule jusqu’à 9 heures par jour à une allure modérée là où nous préférons d’en passer plutôt 6 mais un peu plus rapide), nous passons la journée en sa compagnie. Nous l’attendons à un moment à une station et demandons aux automobilistes où il en est. Ils nous apprennent que « Baba » est à quelques minutes derrière.

 

Le lendemain matin, Baba s’est évaporé à l’aube pour continuer son long périple, nous le croiserons néanmoins une dernière fois le lendemain pour des adieux en bonnes et dues formes.

La météo finit par se montrer plus clémente et nous profitons du beau temps pour faire sécher nos affaires détrempées dont l’odeur commençait à annoncer un début de moisissure. C’est en nous voyant ainsi, qu’un monsieur, le propriétaire du verger qu’on occupait, vient nous apporter un lourd sac pleins de cerises et de prunes vertes dont on ne fait qu’une bouchée!

 

 

Nous recontactons Léo par SMS, on se rend compte qu’on est plus bien loin de lui du coup on décide de l’attendre au croisement de nos deux routes, décision que nous ne regretterons pas un seul instant, surtout avec nos ennuis avec cette histoire de visa iranien.

Mais ça, on y reviendra au prochain épisode!

 

 

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